L’arrivée au dispensaire

Publié le par mada.mitsabo

Lundi 3 janvier 2011

Il est 8h, la température avoisine déjà les 25 degrés. Nous chargeons le matériel médical dans le 4x4 d’Helga, qui me conduit au dispensaire. Les sacs sont dans la benne, il s’agit de la dernière étape de leur voyage ! Espérons surtout que le matériel aura supporté tous ces transferts. Le dispensaire se trouve à 5 minutes en voiture, en contrebas du Camp Catta, à quelques pas du petit village d’Andonaka. Nous descendons sur le chemin de terre rouge, l’excitation est à son comble. La voiture s’arrête devant un long bâtiment. On peut y lire, gravé sur un panneau en bois « REPOBLIKAN I MADAGASIKARA – Dispensaire privé de Tsaranoro ». Je crois bien que nous y sommes !

Les préseillu27ntations sont rapidement faites, c’est Irène, l’infirmière, qui se charge de m’accueillir. Premier élément positif qui rassurera une de mes plus grandes appréhensions, elle parle français, et me comprend ! Ce n’était pas certain, mais me voilà bien soulagé, la communication sera quand même plus facile. Nous déchargeons les quatre gros sacs à l’intérieur du dispensaire. Irène est seule aujourd’hui, sa collègue est descendue à Ambalavao pour le rapport mensuel avec le médecin responsable de l’hôpital. Elle ne reviendra que jeudi. Une petite visite des lieux s’impose. Le dispensaire est constitué de deux parties. La première est destinée aux consultations médicales. Elle comporte un bureau, une salle de soin, et une chambre avec 3 lits. L’autre partie est destinée aux accouchements et planning familial, elle comporte à l’identique, un bureau, une salle d’accouchement, et une chambre avec 3 lits. Irène, infirmière diplômée, s’occupe donc de la partie médicale, mais aussi de l’autre partie en l’absence de sa collègue. Nous retournons dans la petite salle de soin, où je lui propose de déballer les sacs. Je prends le temps de bien lui expliquer d’où provient ce matériel, et que j’ai monté un projet pour trouver des financements et acheter tout ça.  Le déballage commence, j’ai du mal à percevoir ce que pense Irène de tout ce matériel. Je ne cesse de lui demander « Ca vous sera utile ? »  Le matériel de soin et d’injection sera utilisé, car ils font beaucoup d’injections intramusculaires et des pansements. De même pour le matériel d’examen de type tensiomètre, les balances, l’otoscope... Les lampes frontales serviront aussi, il y a souvent des accouchements la nuit. En revanche, le moniteur de surveillance semble lui faire peur, elle en a vu un une fois en stage à Antananarivo, mais elle semble curieuse de le tester.

illu28Le souci maintenant, va être deranger tout ça. Car dans la salle de soin, il n’y a qu’une rangée de tiroirs métalliques, ceux que l’on trouvait sous nos vieux bureaux, empilés les uns sur les autres. Très curieux de voir ce qui s’y trouvait, je demande à regarder dans les tiroirs d’une armoire métallique. Et quelle ne fut pas ma surprise… Wow ! une accumulation de vieilleries, ou des reliques si vous préférez, toutes aussi inutilisables qu’inutiles. Des morceaux de tensiomètre, un stéthoscope sans membrane, des brassards de tensiomètre sans embout de fixation, des sacs d’aiguilles de prélèvements sanguins complètement déstérilisées par le temps... une caverne d’Alibaba, version usine de récupération et recyclage. Sans trop vouloir m’imposer, et ne comprenant pas trop quel est l’intérêt de garder toutes ces choses alors qu’il n’y pas d’autres rangements, je propose à Irène une petite séance de tri. Elle semble d’accord, je crois qu’elle-même ignorait ce que ces tiroirs contenaient. Me voilà donc en très peu de temps en train de vider et laver ces vieux tiroirs rouillés, plein de poussière et de terre, entre chaque consultation. Nous en profitons aussi pour demander à un villageois de nous faire sauter la serrure d’un tiroir fermé à clef (clef que personne n’avait) à grand coup de marteau, ce qui libère encore un tiroir supplémentaire. Nous découvrons aussi, au vu de l’état des emballages de fils de sutures et autre matériel de soin stocké dans les tiroirs, que les rongeurs y trouvaient lieu de pèlerinage régulier. Nous décidons de faire enlever les roulettes du meuble, pour ne plus leur laisser d’accès possibles.

Il nous aura tout de même fallu la journée, pour ranger tant bien que mal tout le matériel, compléter les stocks existants, et faire un bon tri dans les dates de péremption. Mais Irène semble contente de ce nouveau rangement. Il est 17h30, le dispensaire ferme déjà ses portes après avoir vu une bonne dizaine de patients sur la journée. Je remonte au Camp Catta, à pied cette fois-ci, méditant sur cette première journée. J’espère ne pas avoir fait mauvaise impression. Ça m’embêterait. Mais c’était incompréhensible pour moi, que du matériel puisse pourrir comme ça dans des tiroirs qui ne sont jamais ouverts. Ce nettoyage était, me semble-t-il, nécessaire pour travailler au mieux dans une salle de soin qui ne comporte que 8 tiroirs de rangement, un chariot déjà sur plein, une table d’examen, et un évier en béton. Mais ce que j’espère le plus, le cas contraire me découragerait vraiment, c’est que ce matériel amené aujourd’hui, qu’il m’a fallu tant d’énergie pour récolter, ne finisse pas dans le même état que celui qu’il y avait dans ces tiroirs. J’y veillerai durant tout ce mois.

Publié dans Les news du projet

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