Il pleut !

Publié le par mada.mitsabo

illu47Et bien on dirait que, depuis mon petit retour en ville de la semaine dernière, la saison des pluies a enfin débuté ! Elle se faisait attendre cette pluie... Il y a bien eu quelques pluies d’orage, certaines en fin de journée depuis mon arrivée dans le Tsaranoro, mais elles étaient insuffisantes. La terre était bien trop sèche, rendant impossible le labourage et l’irrigation des rizières, et en cette saison de récolte du riz, tout le monde ne vit que de ça. De la récolte de la saison dépendront les réserves de nourriture de l’année, alors tout le monde est concerné. Les pluies sont maintenant quotidiennes. Les matins sont ensoleillés et chauds et quand arrive l’après-midi, le ciel se couvre, plongeant la vallée dans une apocalyptique obscurité. Le plafond nuageux avale entièrement les sommets des montagnes. Le vent se lève, quelques violentes rafales pliant les cimes des arbres à l’horizontale annoncent la pluie imminente. Au loin, les paysages disparaissent derrière d’imposants rideaux de pluies qui arrivent par vagues. Le décor est alors totalement changé, le contraste de la végétation verte et de ce ciel noir me fait rappeler certaines épopées islandaises. La pluie sera là dans quelques minutes. Et quand il pleut, il pleut. Les champs deviennent piscines, les chemins deviennent rivières, les rivières deviennent torrents… C’est pourtant à ce moment-là que tout le monde s’active pour ouvrir, fermer, dévier et creuser, un important réseau de canaux d’irrigation qui communiquent entre les rizières. Dans la nuit, entrecoupé par quelques accalmies, le son des grosses gouttes qui tombent sur le toit laisse finalement place au bruit sourd des torrents et des cascades qui déferlent des montagnes, remplissant des canyons habituellement à sec.

Dans tous les cas, tout le monde est content, ça y est, la saison des pluies a enfin commencé. Mais s’il y a bien une inquiétude qui semble commune à toutes les civilisations, les ethnies et tous les pays de cette planète, c’est bien l’impuissance face au dérèglement des saisons. Une sécheresse qui n’en finit plus dans le sud, une saison des pluies avec plus d’un mois de retard… Madagascar ne semble pas épargnée.

Publié dans Les news du projet

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